Marianne DUBOIS LES JARDINS DE L'AUBE -

 
 

Nouveau: Le Jardin de la présence

Le Jardin du Rire

Le Jardin d'une amitié

Jardin de la peur

Jardin de l'attente

Jardin de la promesse

Jardin de l'invisible

Jardin souterrain

Jardin de la Rencontre

Jardin de Flamme

Le jardin aux papillons

Nouveau: Le Jardin de la vieillesse

Jardin d'ivresse

Le jardin du vide et du plein

Le jardin sans nom et sans limite

Les jardins de l'inspiration

Les jardins de l'infini

Le jardin de la rose (dialogues)

Le Jardin des elfes

Un jardin sous l'éclipse (le 11 août 1999)

Le jardin de l'arbre

Le jardin de la rive intérieure ou la Spirée


Jardin de la peur
(exprimé par des dessins de monstres)

SOMMAIRE
Quand les monstres s'expriment
Et remplissent des feuilles blanches.
Quand l'angoisse et la mort
Explosent dans mes doigts
C'est la grâce d'une source
Qui jaillit du désert.
Si la peur est ma vie
Que la peur me transperce
Et proclame sa puissance.
Démons écroulés qui ricanent
Et qui pleurent. Crevasse ou délire
C'est la peur qui dessine
Et traverse l'horreur.
C'est la peur qui éclate et qui brûle.
Elle réveille comme un cri
Sur la feuille endormie
Un étrange dépassement.
Il sauve et libère
Et proclame l'existence
De mes jardins dévastés.
C'est lui qui permet d'accepter la blessure
Et la présence inexorable d'une vérité sans espoir.


SOMMAIRE

Jardin de l'attente

SOMMAIRE
Pour vivre ce Moment
J'attendrai dix mille ans
J'attendrai que l'océan se vide
Et que la terre explose

Pour vivre ce Moment
J'attendrai dans le sillon
De mon rêve
Que délire l'éternité

Si le temps se brise
Si les heures chavirent
Si mon rêve est trop grand
Et que le mur de ma raison
Ne puisse le contenir
Dans la démence ou l'ouragan
Je vivrai ce Moment

Brûlée jusqu'au sang
Par l'étreinte nue
D'un soleil de légende
Comblée par l'ivresse infinie
Je vivrai ce Moment


SOMMAIRE

Jardin de la promesse

SOMMAIRE
Tu seras comme un jardin
Habité de merveille
Un jardin qui scintille
Sur la plage intérieure
Chaque plante fait éclore
Une fleur matinale
Embrumée de rosée
Et dessine la promesse
D'un ciel entr'ouvert
Chaque pierre y respire
Le mystère d'un trésor.
Et jour après jour
Un peu d'ombre se déchire
Pour laisser en tremblant
Se mûrir le silence
Et monter comme un astre
Dans l'immense éblouissement
le triomphe inconnu de la délivrance


SOMMAIRE

Jardin de l'invisible

SOMMAIRE

Tu chemines sans voir
Sur les sentiers parallèles
D'un espace éclaté
Le futur s'apprivoise
Et se laisse cueillir
Par la source ignorée
Qui jaillit de ton coeur.
Sur les murs écroulés du destin
La liberté s'éveille.
Si tu marches comme un roi
Dans la confiance nue
Ton corps est sans frontière
A l'aube fière de ta libération
Et dans le mouvement triomphant
Cadence de vie, cadence de mort
Tu caresses foudroyée
Les bords étincelants
Que l'Amour ensoleille


SOMMAIRE

Jardin souterrain

SOMMAIRE
Après la pesanteur d'une vie glauque et monotone
Et le désert étriqué enfanté par la peur
Il est des contrées souterraines où le jour se transmue
Des cavernes cachées où se prépare en secret la Naissance,
La sortie d'un sommeil millénaire, promesse de vie
Accordée à la mer et l'haleine du vent.
C'est au coeur de la roche et du sable
A travers des couches d'inconscience
Qu'une vague a percé les remparts du malheur
Une vague sans nom a tissé dans tes veines
L'efflorescence éblouie d'une aube de feu
Et de mystère en merveille tu balances ton pas
Le creux de ton corps est l'enfance des cieux.
Dans ton ventre grandit le ventre du monde
Tu vogues sans béquilles et la vie toute entière est en toi
Car c'est dans ton sang que se lève le triomphe des Dieux.


SOMMAIRE

Jardin de la Rencontre

SOMMAIRE

TU ES LA

Est-ce la folie qui me conduit vers l'impossible ?

Non, c'est une tendre évidence.

Je te reconnais, je te vois, tu es l'Amour de mon âme, la lumière de ma vie. Tu marches dans mon coeur comme tu marches en ce jardin et la trace de tes pas dessine tant d'Amour que le monde entier ne peut le contenir.

Tu t'approches de moi, mais ton regard est si doux et si fort que je meurs en toi pour renaître en sa clarté.

Tu es VIVANT. Tu es mon cri, ma liberté, mon Amour.

Tu es là, tu étanches ma soif, MAINTENANT et pour l'éternité. Tu me dis, je suis là, je suis ta soif et la Source Infinie.

Tu me dis, je ne meurs jamais, je suis la racine de ton coeur et de tous les coeurs sur la terre lorsqu'ils s'éveillent à la beauté.

Tu me dis tout cela et ta voix me remplit comme un fleuve de feu, comme une aube naissante et radieuse.

Tu me remplis de ta Présence, toi le Bien-Aimé divin et la joie qui me soulève, soulève la terre et grandit jusqu'aux étoiles.

Comment le dire, oser y croire, le faire savoir ?

C'est trop intime, c'est trop immense, trop de pleurs, trop de douceur et pourtant c'est l'océan tout entier qui balaie les résistances, emporte les barrages. Peut-être une fleur, un oiseau, un coquillage pourra le dire bien mieux dans son langage.

Je n'ai pas de mots, je n'ai pas d'image, je n'ai rien pour le dire et pourtant je voudrais le proclamer, le faire éclater avec le jour, avec la nuit, avec la vie, avec cette joie qui jaillit de toute part. Tu es là, tu rayonnes en secret et transfigures le monde.

En toi j'abandonne le fardeau de vouloir être ou ne pas être. En toi je lâche les amarres et me voici perdue et retrouvée au coeur battant d'un univers qui se crée sans limite et toujours au présent ; un univers qui explose et se multiplie, terrassé de lumière, un univers de feu embrasé de liberté.

Tu rayonnes partout, graine de soleil, semence d'infini, désert étincelant calciné par l'Amour.

Je te vois, je te vis. C'est si simple et je ne le savais pas.


SOMMAIRE

Jardin de la Flamme

SOMMAIRE

Tu es là de nouveau, si différent, si divinement le même dans le jardin de mes bras comblés.

En cette adolescence nouvelle qui fleurit sur les bords d'un autre monde, je t'offre ma passion, ma force d'Amour qui part en flammes ou en cris aux pieds de ton éternité.

Tu me traverses de part en part comme un orage fou. Ouragan de tendresse tu danses ma vie comme je danse la tienne au rythme fulgurant de la tempête.

Tu crées ma puissance pour que je puisse te créer et maintenant, foudroyée par ton Amour, il ne reste plus rien.

Sans nom et sans visage, il ne reste que TOI dans le vide infini de ton immensité.


SOMMAIRE

Jardin aux papillons

SOMMAIRE

Au fond du jardin en contrebas, près d'une charmille se trouvait un arbre qui attirait les papillons. Un petit enfant les regardait voler, puis se poser, légers, multicolores sur les branches fleuries. Il n'avait pas encore conscience d'exister en dehors de cet arbre, de ces papillons, de ce jardin, et leur langage était le sien. Pourtant il savait obscurément, en un lieu impalpable de lui-même que sa vie serait vécue péniblement comme celle de la chenille pour éclater un jour au grand soleil de sa métamorphose.

Avant de s'endormir dans les replis de la tristesse, la peur, la maladie et le dégoût de soi, le petit enfant portait silencieusement la flamme secrète, le trésor de sa prescience.

Parmi les adultes une tante bien aimée comprenait son secret car elle n'avait pas quitté le pays de l'enfance et des fées. Elle avait des yeux d'améthyste, des yeux immenses et mystérieux qui répandaient un océan d'amour. Ils reflétaient, pour l'encourager, l'existence souvent bafouée de la réalité enfantine. Elle connaissait le coeur et ses trésors. Elle connaissait ce monde dans lequel rien n'était séparé. Elle savait aussi que ce monde-là dessinait pour cet enfant un événement splendide qui se projetait dans le lointain d'un temps futur.

Ces années de la petite enfance rejoignaient étrangement un avenir grandiose qui effaçait la pesanteur d'une longue durée de vie intermédiaire et sans clarté.

Un souvenir "d'avant" semblait correspondre à une joie future, éclatante et radieuse qui enfin pourrait s'incarner sur la terre.

La tante partageait secrètement le rêve de l'enfant, ce pressentiment d'une félicité inconnue émergeant de l'intérieur. Elle l'encourageait à se taire : ton rêve est si beau qu'il n'y a rien à en dire. Il mettait alors son doigt sur sa bouche et c'était un serment pour l'éternité comme seuls les enfants savent le faire.

La compréhension voyageait en dehors des mots en un lieu de lumière merveilleusement silencieux, connu seulement de ces deux âmes jumelles.

Une longue allée sombre de marronniers séparait la maison de l'enfant de celle de sa tante et la promenade donnait l'occasion d'inventer d'interminables histoires de fées, de chevaliers égarés dans les broussailles, cherchant la rédemption, l'Amour, ou le sang de Dieu. L'imagination de la tante n'avait pas de limites et les légendes améliorées par une inspiration foisonnante convenaient à l'enfant. Il se sentait exister dans ce pays car c'était le seul pays qui pouvait vraiment rejoindre son rêve.

C'est là où se retrouvaient pêle-mêle la démesure, la poésie et le courage invincible de ces chevaliers du Graal et autres prospecteurs de la conscience ou de l'âme. Une fantaisie débridée menait parfois la tante au milieu d'une impasse et l'histoire avait alors une fin abrupte et saugrenue.

Quelles que soient les souffrances endurées par la suite, l'enfant avait été accepté et reconnu dans son essence et la graine de lumière qui se cachait en lui avait reçu le baptême d'un feu particulier, celui d'une aspiration démesurée que seul l'impossible pouvait combler.

Avec le temps les contes de fées s'évanouissaient. Les années d'enfance s'étranglaient à l'école puis les années de jeunesse s'en allaient au fil de la peur et du désespoir. Plus tard l'âge de la maturité se perdait dans les sables de l'impuissance quotidienne.

Le temps de la chrysalide se prolongeait interminable et rien ne semblait advenir. La vie comme une longue blessure s'étirait vers la vieillesse. Depuis longtemps la petite enfance et ses rêves s'étaient noyés dans les ténèbres de l'oubli.

La tante bien aimée avait quitté la terre. Il ne restait que des jours gris et le désir de la rejoindre.

Un adulte désolé avait remplacé l'enfant d'autrefois. Il n'attendait plus rien sinon peut-être la fin de cette vie dont le sens lui échappait. Il fut possible pourtant après l'épreuve d'une mort d'accepter le vide, le veuvage et la fin de l'ambition personnelle, accepter tout simplement la réalité sans regrets et sans le désir de la modifier.

En développant cet espace libre un appel s'est crée en même temps que les conditions d'une autre naissance et un jour l'impossible a fleuri. Ce fut la rencontre du ciel avec la terre au jardin de l'enfance retrouvée, au jardin d'une joie qui n'avait d'autre visage que celui de la Vie. Les ailes du papillon se sont ouvertes sur la splendeur multiple rassemblée en un seul faisceau de lumière pour se dissoudre sans fin dans le Soleil de la conscience.


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Jardin d'ivresse

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Amour Feu, mon brasier, ma déchirure, tu viens d'en haut, tu viens d'en bas, de partout à la fois. Je suis l'incendie, je suis la joie qui me consume.

Quel est ce Peu, cette combustion extatique et sans Pin, cette ivresse embrasée ?

Au couchant de ma vie, tu jaillis ma folle incandescence et la mort à l'horizon comme un cri d'Amour exhale son triomphe. Quelle est cette fusée qui explose en plein coeur et me donne une puissance exaltante et cachée ?

Quand la peur de mourir, calcinée jusqu'à la moelle n'est plus qu'une gerbe d'étincelles enivrée de soleil, dans quels rires, dans quelles transes, dans quelles Amours inconnues puis-je encore me consumer ? Quand la mort se profile et devient fleur au jardin de ma passion qu'ai-je encore à découvrir, à cueillir ou donner ?

Danser la mort, danser la vie à tous les instants, c'est danser la naissance d'un million d'éclats de rire.


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Le jardin du vide et du plein

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Toi sans moi ce n'est pas sauter dans le vide, c'est sauter dans le plein.

Toi sans moi ce n'est pas se déraciner, c'est découvrir l'enracinement total en chaque chose vivante.

Ni peurs, ni menace, chaque chose vivante protège de ce moi illusoire qui intercale son angoisse, mais, au fait, où est-il ? Aurais-je l'audace de son absence ?

Aujourd'hui j'en ai l'audace. Mais qui dit-je ?

Demain n'existe pas. Maintenant est le trésor, la liberté, le rire du Tout en tout. Il n'y a plus personne qui fasse confiance, ni quelque chose ou quelqu'un à qui faire confiance. La confiance EST, dans sa parure de lumière.

En ce jour de noces, l'Amour en fête éclate au grand soleil. Ton NOM a disparu afin que tous les noms puissent te convenir.

Le moi se perd et se transforme au-delà de tous les noms, au-delà de tous les chemins, de tous les sommets et de toutes les montagnes.

Ce moi tant décrié, c'était donc Toi. L'aimer c'était te reconnaître, le prendre en son coeur c'était éclore et t'accepter. Merci pour les yeux qui s'ouvrent, la beauté, la vie.

Le moi, l'ego, la division c'est encore TOI dans la séparation de toi-même ou plutôt dans cette illusion de séparation.

Rien à comprendre : se laisser agir à la racine.

Un pont sur une rivière. De l'autre côté la naissance, la vision. Rien à comprendre : traverser.

En me jetant dans le plein, en remplaçant le mot vide par le mot plein et en vivant ce plongeon, la peur et l'anxiété disparaissent. Le mot "vide" était perçu comme une condition, un il faut, et une peur de la folie.

Il ne s'agit plus de l'inconnu, ni même du connu. C'est le plongeon dans la plus merveilleuse, la plus effarante normalité. Plus de fumée, l'écran s'évanouit et la vie toute entière se rassemble pour que vibre librement une de ses parcelles. Vivre sans je, vivre TOI, vivre tout court, quelle étrange aventure, et pourtant quoi de plus naturel ?

En passant par le "plein" les noces peuvent s'accomplir dans la matière et la matière enfin brille de son autre visage, celui de la lumière. Mais ensuite le mot plein et le mot vide ne sont plus séparés. Ils passent au-delà de leur signification apparente dans un monde où le sens de l'un se confond avec celui de l'autre.

La puissance d'un mot devient parfois la clef, la serrure et la porte elle-même afin que disparaissent la clef, la serrure, la porte et l'espace de leurs existences. A présent ce n'est pas moi qui reviens en ma demeure, mais TOI qui te retrouves dans le rire de l'Unité car la séparation moi-TOI n'existe pas, ni au niveau de l'âme, ni au niveau de ce corps-matière.

Vivre sans je c'est vivre en même temps "je - jeu - joie" dans l'épanouissement total. Ce qui revient à dire que la disparition de "je" comporte aussi la naissance infinie d'un "je" transfiguré qui n'est autre que TOI.

Tu te crées tout entier en je et tu joues avec ta création de même que ta création joue à recréer avec ou sans image, avec ou sans chemin ton Unité Universelle.


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Le jardin sans nom et sans limite

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Le Sans Nom, le Sans Limite m'est donné à présent sous la forme d'une sensation de douceur et de bien-être. C'est ta manière de te manifester en moi aujourd'hui, Toi qui es ce que je suis.

Tu guides ma plume très tendrement à la lumière d'une respiration nouvelle. L'étau s'est desserré et l'accumulation des taches fabriquées par un subconscient inquiet s'est allégée.

J'aperçois la liberté incroyable de créer mes réalités successives toujours plus vastes et plus transparentes. Le monde rigide des formes dans lequel je suis enfermée se désagrège comme une succession de nuages dissipés par le vent. Toutes ces prisons que j'invente ne sont qu'un replet de l'Être qui cherche à se comprendre lui-même à travers sa parcelle. Cette vision de l'existence développe une conscience qui s'élargit pour se dissoudre dans un mouvement infini. La peur et la culpabilité s'estompent même si elles surgissent encore parfois du fond de la caverne aux illusions. Elles semblent disparaître exactement quand s'efface ma croyance en leurs existences. Cette croyance implantée depuis l'origine des temps a construit la souffrance, la maladie, le désespoir et la folie.

Je glisse donc insensiblement vers cet autre état où la dépendance à quoi que ce soit disparaît tout simplement parce que je ne crois plus à cette dépendance.

Chaque fois qu'une inspiration jaillit de l'intérieur et me montre un certain aspect de ma vérité du moment je la laisse me remplir, me nourrir et disparaître pour accueillir une autre vérité.

D'inspiration en inspiration, de vérité en vérité je pourrai découvrir un nombre grandissant d'états d'existence. En laissant jaillir cette inspiration directement de la source et non d'un conditionnement aveugle ou mal relativisé, le faux-semblant n'aura plus droit de cité.

En vivant paisiblement une seconde après l'autre, avec la conscience d'avoir trouvé ma véritable identité, c'est-à-dire la tienne, celle du "Un", je suis à la fois toute chose, le vide et le plein, le connu et l'inconnu, le temps et l'absence de temps, le oui et le non, l'endroit et l'envers

Je suis au-delà du concevable, le mouvement créateur, la lumière éternelle et infinie.

Un petit pas de danse est choisi pour un moment ici ou là et ton rire me remplit de liberté, celle qui me dispense de croire que je ne suis pas toi. Je n'ai donc plus d'autres soucis que de te laisser rire en toute chose.

Si l'écran s'évanouit, si le brouillard se dissipe tu avances en moi, tu déblayes ma conscience de tout Ce que je crois qui n'est pas toi. En me délivrant de cette croyance le voile se déchire et ma vision s'éclaircit : je n'ai jamais été autre que toi. Ce savoir devient connaissance.

J'accepte maintenant de me laisser brûler, de me laisser être et agir au coeur même du feu créateur qui propulse à l'infini la VIE.


SOMMAIRE

Les jardins de l'inspiration

SOMMAIRE

L'inspiration se cueille partout, cachée sous la grisaille au détour du sentier. Elle se dissimule au pied du rosier, au seuil de la maison, ou dans l'éclat d'un perce-neige, petit clin d'œil, précurseur malicieux d'un printemps qui se cherche.

Plaisir du mot, plaisir d'écrire, de prendre une feuille de papier sans rien savoir de l'aventure qui se prépare, voilà le scintillement constant et secret où la vie exulte avec le plus d'ardeur et de précision.

Retrouvailles d'amour libérateur et clairvoyant, retrouvailles nécessaires à chaque instant, les mots au-delà de leur sens quotidien répandent parfois le silence intérieur qui guérit, apaise et illumine.

Ils choisissent la route à prendre et tant mieux s'ils s'emballent comme les chevaux fous d'un souffle de Dieu. Je les embrasse en confiance, ils sont ce que je suis lorsque je ne suis plus. Ils répandent au-delà d'eux-mêmes ce parfum d'infini dont rien ne peut cerner la nature.

Je me laisse entraîner toujours plus loin dans ce voyage vers un "je ne sais quoi" qui se perd dans les brumes inconnues d'une réalité à venir. Pourtant les mots sont déjà ce "je ne sais quoi", cet élixir qui enivre et transforme la vie en jeu, en joie, en étincellement de rire. Comme des boutons prometteurs de floraisons étranges ils peuvent remplir maintenant les jardins de nos aspirations.

Des sens nouveaux s'éveillent avec l'intuition d'un autre monde. Le ferment divin retrouve le corps lorsqu'il n'est plus séparé de l'âme et de l'esprit. Comme une graine envolée dans le vent joyeux de tous les possibles, j'observe le dessin d'une phrase, enfant aérien de ma plume en liberté. Rien ne l'arrête, elle peut danser enfin sa propre danse et oublier ses béquilles. Plus de mémoire, plus de modèle, plus de chemin.

Sans but et sans contrôle elle est délivrée de la forme, du résultat et du temps. La musique des étoiles raisonne partout, pénétrante et rieuse et la plume en reçoit la tendre vibration.

Étranger, mon frère, aurais-je quelque chose à te montrer que tu n'aies déjà découvert ? Je ne vois rien excepté peut-être l'immense joie qui se cache au secret de ton coeur. Si tu ne l'as rencontrée, tourne ton regard de l'autre côté pour atterrir sur la rive intérieure, là où tous les chemins disparaissent dans l'éclatement silencieux.

Si tu peux contempler le trésor qui n'est autre que toi-même, tu verras qu'il contient l'univers en même temps qu'il ne contient rien et cette connaissance intime sera pour toi merveille et délivrance.

Quand tes mains ouvertes accueillent la vie sans rien retenir tu plonges démesurément dans la Source, dans l'espace illimité de cet autre toi-même, dans le son créateur qui s'élance et se multiplie, dans le rire infini qui enfante les mondes et le chant de l'univers.


SOMMAIRE

Les jardins de l'infini

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Ce grand courant d'Amour qui te relie ne passe plus par ton coeur mais par le coeur du monde dans lequel le tien s'est fondu. C'est un fleuve qui te ramène en ta demeure pour que s'ouvre l'infini dans la conscience impersonnelle de l'Unité.

Reconnaître ce lieu, permet de créer la force incoercible de tout et de s'y laisser disparaître. La parcelle retrouve son origine et ce qu'elle est véritablement c'est-à-dire l'océan du vide ou la joie sans limite. Dans cette reconnaissance le petit morceau de vie qui se croyait enfermé dans une forme rigide retrouve la vie toute entière et l'oiseau de liberté se perd dans le ciel.


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Les jardins de la Rose (Dialogue)

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Moi :

Rose éphémère et fragile, veux-tu bien te laisser cueillir ?

La rose :

Laisse-moi jouir encore de la fraîcheur matinale de ton jardin et cueille-moi juste avant que la chaleur ne me brûle. Si tu me parles en me cueillant, ton amour guérira ma blessure et je serai bien dans le vase à l'ombre de ta maison.

Moi :

Pourquoi ta parole me fait-elle pleurer ?

La rose :

Parce que tu t'étonnes et t'émerveilles chaque fois que tu perçois ma réponse et pourtant quoi de plus naturel ? Je n'aurais jamais pu éclore si tu n'avais pas écouté le rosier lorsqu'il était en train de mourir. Tu l'as déplacé pour le mettre en ce lieu guérisseur choisi pour renaître et ce lieu comme un fil de lumière qui nous relie m'a permis de t'offrir et d'offrir encore à l'été le cadeau de ma ferveur. Je peux te donner maintenant cette beauté de velours, si rouge et intense de ma robe parfumée.

Moi :

Lorsque tu me parles il me semble reconnaître la voix de mon coeur et mon coeur délire chaque fois qu'une tendre communion transforme la couleur du jour.

La Rose :

Cette voix est bien celle qui te vient de toi-même puisque je suis toi lorsque plus rien n'est séparé.

Moi :

Merci ma reine, merci ma rose, merci moi-même pour la joie transparente et infinie d'un instant de vérité.


SOMMAIRE

Les jardins des Elfes (Dialogue)

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En ce lieu de Paradis sous les tendres ombrages de l'Amour les parfums du Midi se mélangent aux parfums de la Joie, parfums de feuilles et de rêves, parfums étranges de voyages au pays de l'infini.

Les mots sont des étoiles descendues sur la terre. Ils effleurent la margelle du vieux puits que les elfes et les fées viennent à peine de quitter. Le vent de la mer tempère la chaleur et respire doucement dans les feuillages.

Silencieuses et pourtant vivantes des mémoires anciennes surgissant de l'oubli se posent sur les fleurs. Un passé de nostalgie s'attarde un moment puis s'efface en douceur dans un océan de plénitude. Le moi disparaît ou bien se réverbère dans tout ce qui vit, dans ces floraisons de légendes, foisonnantes et multicolores, dans ces branches touffues qui abritent secrètement la beauté, comme si l'âme du monde se cachait sous la pierre.

Jardin mystérieux façonné par l'Amour tu caresses ton trésor à l'abri de tes murs, mais il chante et se recrée, se prolonge et scintille au coeur d'un instant, suspendu comme une perle de rosée, enivrée d'éternité.


SOMMAIRE

Un jardin sous l'éclipse

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(Le 11 août 1999)

Roses rouges, roses blanches, foisonnement de fleurs et de songes le jardin porte la musique de nos morts et la douceur des naissances contenues en cet instant d'éternité.

Caresse radieuse, un jardin se baigne dans la lumière des étoiles, brûle dans l'éclatement solaire ou s'efface dans l'infini d'un monde allégé. Jardin d'allégresse et de splendeur, aujourd'hui tu changes la couleur de ton vêtement et tu pars en voyage au pays des contes de fées. Tu te remplis d'ombres singulières, de lumière feutrée. Tu t'habilles de silence et de mystère car le soleil s'est absenté en plein midi pour son mariage lunaire. C'est l'heure choisie dans nos coeurs. C'est l'heure de l'inconnu, de la porte qui s'ouvre. Nous passons d'un monde à l'autre dans le jaillissement de la joie.

C'est l'heure tant attendue du retournement par les feux de l'Esprit. Nous fêtons la fin de nos misères pour que naisse une terre nouvelle. La peur et le mensonge se dissipent. Il ne reste rien, seulement l'Amour et l'aube rieuse à découvrir ensemble. Plus de morts, plus de naissances, l'éblouissement divin se regarde lui-même en sa multiplicité, et renouvelle infiniment son extase anonyme.


SOMMAIRE

Le jardin de l'arbre

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Les plantes, les buissons et autres verdures peuplant mon jardin se manifestent discrètement à leur manière depuis quelques années.

 

J’apprends à les entendre, à comprendre leur langage. Mais cette fois c’est un arbre qui m’a donné rendez-vous. Mon oreille n’étant pas encore capable de capter sa requête, il s’est imposé d’abord à travers un rêve. Il n’a pas utilisé la beauté de ses branches, de son feuillage, de son écorce pour me séduire. Il voulait me préparer, m’ouvrir à son univers qui, je le croyais, n’était pas le mien. Il s’est donc acheminé secrètement dans mon sommeil pour me montrer son ardeur et sa puissance ainsi que le mystère d’un amour végétal.

Le songe avait tant de réalité que je ne pouvais ni le dissoudre ni même le dissocier de mes gestes quotidiens. La présence de l’arbre s’imposait toujours plus intense dans sa force et sa détermination.

 

Au bout de quelques jours une intuition m’a poussée à le reconnaître, à le chercher dans un monde plus tangible: est-il dans mes parages, bien plus près de moi que ma pensée ou mes projections imaginaires?

 

Mon regard distrait s’est égaré un instant dans le jardin et c’est là que m’attendait l’incroyable surprise. Le sorbier des oiseaux, l’arbre aux mésanges, aux tourterelles dont les racines soulèvent les dalles autour de ma maison, ce vieux compagnon, vivant sous mes yeux depuis tant d’années s’est révélé tout d’un coup à mon coeur abasourdi. L’amoureux transi que j’apercevais à peine s’est enfin déclaré.

L’essence même de sa vie d’arbre m’était offerte et maintenant nos substance~emmê1ées peuvent célébrer ensemble la joie de la terre et du ciel.

Le concept illusoire de la séparation, c’est-à-dire des apparences pourrait disparaître dans cette merveilleuse réalité, à la fois concrète et illimitée: nous sommes tous "un" dans un processus identique de vie et de création.


SOMMAIRE

Le jardin de la rive intérieure ou la Spirée

SOMMAIRE

Les branches fleuries de ma spirée respirent doucement dans le vent. Ce buisson éblouissant de beauté dessine dans mon coeur la présence infinie de ma félicité. Chaque fois que la spirée murmure sa joie si tremblante et fragile dans le printemps, je retrouve un passé qui s'impose et se fond dans l'heureux aujourd'hui. Il suffit de porter quelques instants son attention sur elle, sur le cadeau qu'elle représente, pour discerner sa parole, dissimulée en cet étincellement glorieux qui s'offre sans condition.

Quand la reconnaissance s'établit un mur tombe et laisse fleurir de merveilleuses retrouvailles. Est-ce un passé lointain qui se rappelle à la mémoire ou bien l'avancée vers un monde inconnu ? Le voyage est sans direction et s'immerge dans le présent.

La beauté passagère et pourtant infinie de n'importe quel organisme vivant parle un langage que nous avons à découvrir ou bien à reconnaître.

Au jardin de la rive intérieure les espèces minérales, végétales, animales ou humaines se rencontrent dans le partage d'une même destinée.

Rien ne nous sépare si le coeur se réveille, si l'âme s'ouvre à l'émerveillement de l'échange, si la source jaillit dans la joie des origines.


SOMMAIRE

LE JARDIN D’UNE AMITIE

Sommaire

Dialogue intérieur

 

Moi

Petite sœur de toujours
De maintenant et de jamais
Tu connais déjà
Le secret caché au cœur
De la mémoire cellulaire.
Tu nous prends par la main
Sur ces chemins qui sortent du temps
Et que nous ne pouvons pas
Imaginer en cette vie.

Elle

Rien n’est changé
Si ce n’est que tu me vois
A travers d’autres yeux,
Ceux qui ne construisent plus de limites.

Moi

Tu m’accompagnes si intimement
Que je ne peux rien concevoir d’autre
Que ta présence attentive
Toujours prête à deviner
La moindre aspiration de ceux qui t’entourent,
Toujours prête à les combler de tes dons.

Elle

Là où je suis tous les jardins de mes rêves
Se profilent et dansent au rythme de mon cœur.
Je m’étonne de ne plus être enfermée
En cette matière dense de la terre.
Je m’étonne " d’être ", tout simplement,
Avec ou sans forme, selon les fantaisies
Ou les mouvements de mon âme.
Je me vois vivre en vous, mais aussi
En cette flamme nouvelle qui me pousse
Toujours plus loin vers une œuvre idéale,
Un soleil qui dessine la perfection,
Celle que je cherchais sur la terre.

En ce lieu de liberté
Je peux l’atteindre sans effort,
Mais je réinvente le temps
Pour que la perception se prolonge et s’installe,
Pour quelle compose une œuvre,
Un tableau qui se construit patiemment,
Un tableau miroitant de pierres et de fantaisie,
Pétillant de verve et d’inventions.
Je rattrape ainsi dans la durée retrouvée
Le charme, l’humour et la joie de créer.

Moi

Tu es là si près de moi, si pareille à toi-même
Et cependant je ne peux te toucher
Excepté par le souvenir ou la pensée.
Nous étions dans cette vie, rarement côte à côte
Et pourtant jamais séparées.

Elle

Je vis en toi, tu vis en moi,
Aucune croyance ne peut nous séparer.
Ici ou là-bas sur la terre
Quelle est la différence ?
L’essence de nous-même est un parfum de partout.
Il se mélange et se reproduit, toujours nouveau,
Toujours pareil, la forme change,
Mais l’amour se perpétue et jamais ne s’altère.

Moi

Peux-tu me décrire le monde
Qui t’accueille au-delà du temps ?
Es-tu vivante quelque part
Ailleurs que dans nos cœurs ?
Tu me parles tranquillement
Comme si je me parlais à moi-même.

Elle

Pareille à la rose de ton jardin
Je te parle à travers ton Amour,
A travers la mémoire décantée
De toute une vie d’amitié.

Je parle à chacun de mes proches
Selon la couleur qui s’accorde à son âme.
Parfois c’est encore pour eux, la montée
D’un fleuve de tristesse qui s’égraine
En perles chaudes, en gouttes argentées.
Mais l’art et le temps y puisent leur substance,
Les prolongent et les transfigurent.
Mon langage est si léger
Qu’il se transforme souvent
En source inspirée pour l’œuvre de vie
Dans le cœur de mes enfants,
Dans le cœur de celui
Qui m’a portée sans faillir
Jusqu’aux bords étincelants
De cet autre univers, de cette autre conscience.

Ici je découvre la force créatrice
Naissant de la pensée.
Cette pensée se réalise à l’instant de sa venue
Car elle n’est pas limitée par le jugement
Comme elle peut l’être sur la terre.

L’image que j’ai de moi-même
Est si tenue que parfois
Je me perds dans les bras de Dieu.
Mais à ceux pour qui ce mot
Ne contient pas de musique, je dirai que je rejoins
La source primordiale ou la pensée créatrice.

Moi

Vue de la terre cette liberté
Allégée de l’espace et du temps
Me semble un univers impossible à cerner.

Elle

C’est l’espace et le temps qui donnent l’illusion
De la forme des choses habitant votre monde.
Lorsque la lumière pénètre l’épaisseur matérielle
Tu fais l’expérience de la liberté,
Celle de l’instant infini dans lequel je me trouve.

En sortant de l’espace et du temps,
Tu casses les barreaux de ta prison,
Tu peux même retrouver la splendeur
D’un monde où la mort est lumière
Avant que ta substance ne s’efface
Au vent rieur qui dissipe l’illusion.
Tu le sais bien puisque je te parle
Et que tu m’entends comme autrefois,
Comme toujours et jamais,
A travers cette amitié qui soude les âmes.

Moi

Est-ce bien toi qui me parle et moi qui t’écoute ?
N’est-ce point un rêve qui m’emmène
En ce dialogue étrange ?
Le silence de l’au-delà, peut-il vraiment
Se dévoiler, autrement que par un voyage imaginaire ?

Elle

Le monde intérieur dans lequel tu t’immerges
Rejoint naturellement le monde où je suis.
L’écoute et la parole y sont jointes.
Elles naissent ensemble et la vision
De cet autre univers est libre d’apparaître
Selon les mouvements de ton inspiration.

La vie, toujours fluide et joyeuse,
Ne connaît pas de frontière,
Lorsque tu ouvres ton cœur à d’autres perceptions.

Ce dialogue est limpide comme l’eau
D’un ruisseau qui descend des collines
Il te montre ce que je suis
En ce " maintenant " de communion.
Je suis la chanson de la vie
Qui jamais ne s’éteint.

La poésie, l’art, la musique
En sont une trace parfumée
Qui ensemence les cœurs et transforme la terre.

Regarde les œuvres qui partout te rappellent
Une réalité ramenée à l’essence
Ou prolongée d’un souffle inconnu
Qui s’accorde et se mélange à ton rêve.

Ecrire ce dialogue c’est entendre ma voix
A l’unisson de la tienne en ce pays sans barrières
Où les mots se libèrent et chantent la joie
De me savoir vivante, car je suis là,
Toujours présente, en chacune de vos cellules.

Moi

Existes-tu séparément ?
Es-tu encore une " personne " qui porte le bonheur
Et la tristesse, l’espoir et l’attente ?
Ou bien es-tu quintessence d’Amour,
Battement de vie qui voyage de monde en monde,
D’étoile en étoile,
Pour chanter l’immense ou le minuscule ?

Elle

Toi-même es-tu séparée ?
Es-tu quelqu’un ?
Ou bien l’inconnaissable transparence du " Un " ?
Je suis tout à la fois, je suis comme toi.
Un regard d’Amour me recrée aussitôt
Dans la forme que le temps et l’espace
Ont laissé dans vos mémoires.

Pourtant ma quintessence navigue librement.
Aucune limite ne se présente à ses pérégrinations.
Je suis partout simultanément.

Moi

La différence est grande.

Elle

Seulement lorsque tu projettes des limitations.
Elles ne sont que des habitudes si bien enracinées
Qu’elles sont devenues des croyances ou des lois.

Laisse donc s’envoler vers l’inconnu
Ta puissance et tes possibilités,
Penche-toi vers l’Esprit qui t ’anime
Et tu verras s’agrandir et se multiplier
Les innombrables visages de la vie.

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Le Jardin du rire

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Une graine a germé dans mes jardins. Une plante est née qui fleurit dans un rire. Elle me susurre à l’oreille : Ecrire - Ecrire - Ecrire.

Ecrire quoi ? N’ai-je pas déjà tout dit, tout écrit, moi ou d’autres, ce qui revient strictement au même ? Les tendances pléthoriques de cette activité ne me semblent même plus personnelles.

Mais voilà, il y a une réponse :

- Un grand rire.
- Ecrire le rire ?
- Pas de mots pour écrire le rire, et pourtant les mots s’alignent déjà et caressent la feuille blanche. L’écriture est là, pleine de rires. Elle n’a d’autre destination que de subsister pour elle-même, pour la joie et pour suivre ces cours d’eau qui portent le rire. Ruisseaux de montagne qui chantent malicieusement sur les galets ou rivières majestueuses qui s’étendent en sons graves de cloches triomphantes.

Ecrire le rire ? Cela ne veut rien dire. Il s’égraine de lui-même sans aucune aide, juste pour le plaisir, juste pour exister, se répondre, se perdre et se récréer, il ne demande rien, même pas une motivation. Il est comme Dieu, il s’autogénère, se multiplie, danse la gigue, reprend sa respiration et repart dans un nouveau tourbillon.

Il mange les tabous, il asticote, chatouille et grignote les conventions, les règles, les lois et les traditions.

Aussi léger que la liberté, il transforme et ba1aye la misère, les conflits et la désolation.

Mais quel secret cache-t-il donc ? Comment s’y prend-il pour transmuter ce qu’il emporte au creux de ses ailes?

C’est très simple : d’abord il s’amuse pour rien, juste pour rire. La joie sans attente qu’il propage, est un dissolvant pour les conserves accumulées dans nos têtes. il nous délivre de nous-mêmes et nous montre l’absurdité de nos grimaces et de nos gesticulations. Il crée la distance qui change la vision et ignore le poids de la séparation.

Quelle merveilleuse nouvelle, le rire pourrait-il devenir notre nouveau maître?

Comme toute chose rencontrée par le coeur lorsqu’il s’allège, un éclat de rire, pourrait-il être le choix de nos rêves ?

Je vous laisse, lecteur, la liberté de le choisir ou d’en rire…


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Le Jardin de la Présence

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La Présence est lente
Elle a besoin du moment infini
Pour abolir les contours du temps
Les prisons de l’espace.
Elle a besoin de creuser la seconde
Pour entrer dans une action simple:
Arroser la plante assoiffée,
Cirer longuement la table, et la polir
Jusqu’à son ultime étincellement.
La Présence est comme une voleuse
Qui se glisse par effraction
Dans le geste le plus humble,
Dans la vision la plus modeste
D’un regard quotidien.
Elle habite pourtant
Depuis l’aube du monde
Chaque cellule vivante
Et se nourrit à chaque instant
De l’existence ordinaire.
Elle brille secrètement
D’une lumière si intense
Que nul ne pourrait s’en saisir
Et en faire une croyance.
Comme un vol d’oiseau
Qui s’enivre de liberté
Elle échappe à la forme
Et la contient toute entière
Elle dissout les vérités
Lorsqu’elles se figent
Et n’est jamais prisonnière.
Mais si le coeur a fleuri
Au soleil de la Présence
Plus rien ne peut l’atteindre
Si ce n’est la joie
Transparente et nue
Qui jaillit de la source
Et danse pour le rien ou le rire
Ou même pour l’illusion
Qui fait croire à la vie.


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Le Jardin de la Vieillesse

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Vieillesse heureuse et infinie
Eclairée de l’intérieur,
Vieillesse glorieuse,
Accomplissement de vie
Dont la mort est la suprême étincelle,
Sois bénie dans ta beauté,
Dans ta douce plénitude.
Lorsque toutes les guerres se sont tues
Au coeur de nous-mêmes,
Lorsque tous les désirs s’effacent
Dans la confiance,
Chaque jour, comme un diamant,
Scintille au soleil du grand âge.
La joie se profile et s’élargit
Au-delà de toute frontière.
Les mondes se mélangent
Et dévoilent leur unité première.
Si le coeur, avec les ans,
Peut grandir plus loin que ses limites
Le courant d’amour qui nous relie
Guérira nos misères
Les croyances qui nous divisent
Pourront se dissoudre
Et cet élan de la conscience nous portera
Vers d’incroyables contrées
La puissance de l’esprit,
Le pouvoir du partage
Régneront peut-être,
Si nous leur donnons
Les ailes de l’intuition
Et le souffle royal d’une audace enflammée.


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